mardi 15 juillet 2014

Hello Kitty !!


Snoop Kitty Katt
Kittystyle
Death Ronron Records - 1993

De son vrai nom Larry Stocha, le rappeur Snoop Kitty Katt voit le jour à Chaminoux en Haute-Savoie, où il est le dernier d'une portée de 6 enfants. 
Ses 5 frères et soeurs étant tous tragiquement morts dans une noyade demeurée inexpliquée, il devient fils unique à l'âge de 2 mois.
Sa mère n'ayant pas supporté ce désagrément qu'elle attribue à son mari, elle divorce et déménage avec Larry dans l'un des quartiers les plus chauds de L.A. (Les Argelès, dans les Pyrénées Orientales). Quelque peu dépressive, Mme Stocha a deux occupations dans sa vie de tout les jours : les antidépresseurs et les chats, qu'elle possède par douzaine chacun !
À 14 ans, il se lance dans le rap et se fait appeler Snoop Kitty Katt, car il déclare être "très inspiré par les minous, quels qu'ils soient".
Un soir qu'il rappe sur les toits avec son ami Toupac Chat-kur, SKK croise Dr Dédé, un producteur de hip-hop (et vétérinaire à temps partiel) qui le prend sous son aile.
Leur relation partait assez mal quand Dr Dédé a surpris un jour ses trois filles avec Snoop Kitty Katt à l'arrière d'une voiture et a tenté de le castrer !
En rentrant tard d'une session studio, Snoop Katt se perd et est recueilli par un couple de personnes âgées qui le nourrissent et l'hébergent. Il prend alors sur lui de se munir d'un collier  avec son nom et son adresse dessus. Cet événement lui inspire le single "Qui suis-je, quel est mon nom, où habite-je ?" qui deviendra numéro 1.
L'album qui suit, Kittystyle, est très bien accueilli et malgré l'avertissement parental pour certains titres aux contenus (s)explicites, les hits s'accumulent dans les charts : 
"La nuit, toutes les biyatches sont grises", "Sacha t'es chaude", "Un minou parmi nous" et "T'es bonne quand tu ronronnes" font un carton. Précisons qu'il y parle quand même des femmes, ce qui est très misogyne soit, mais assez rassurant quelque part.
Malgré tout, Snoop Kitty Katt voit son destin changer quand, pendant une tournée en Ardèche en 2012, il rencontre un berger mystique post-soixante-huitard qui voit en lui la réincarnation du "maitre des pâturages"
Snoop Katt décide alors de se retirer dans un chalet en montagne avec un élevage et se fait appeler depuis Snoop Mouton.

Cette pochette est un détournement de Snoop Doggy Dogg.

jeudi 5 juin 2014

Boys boys boys


One Way Direction
Drunk All Night
Virils & Coquets - 2011

Les années 90 ont vu la mode des boys-bands envahir nos ondes et écrans TV. Une usine à guimauve, que même Willy Wonka n'aurait pas envisagée, était ouverte. Les jeunes filles  découvraient alors en même temps une autre conception du prince charmant et leurs premiers rêves humides.
Au placard le costume bariolé et le cheval blanc ! Désormais, le fantasme masculin nouvelle génération chantait, dansait, était bronzé, musclé, imberbe et avait le Q.I. d'un bigorneau.
Mais la tendance s'essouffle aussi vite que la carrière de Steeve Estatof et le concept ne fait plus recette.
Il faut alors attendre le nouveau millénaire pour que le boys-band 2.0 arrive. Son nom ? One Way Direction. Vincent Francky, Clément Dalzace, Guy-Yom, Dave Labave & Perdi Pedro sont les nouveaux "bologoss" (mix de "bogoss" pour les fans et "boloss" pour les antis).
À peine dans les bacs, leur premier album "Drunk All Night" est déjà très attendu. 
128 437 560 vues en 3 minutes 50 sur Yuteube pour le clip "I love you but i love beer too" fait des One Way Direction le nouveau boys band ouvertement alcoolique et chouchou de ces demoiselles.
Leur rythme de vie devient une vraie course. Ils enchaînent sans cesse apparitions télé, interviews, concerts, groupies, cuites et arrestations. Toujours dans cet ordre. 
Car le groupe fait aussi les choux gras de la presse à scandale. Dave Labave exhibe ses parties intimes durant les concerts, Vincent Francky les prend en photo et trouve le moyen de les diffuser en arrière-plan durant les shows de leur "concurrent", Justin Biberon. 
Clément Dalzace et Perdi Pedro, eux, se font confisquer leurs sex-tapes les montrant tour à tour avec leurs fans, leurs mères et leurs grands-mères. 
Quant à Guy-Yom, atteint du syndrome de la Tourette, il insulte gratuitement chaque journaliste.
Mais tout ça n'empêche pas leur succès car l'engouement s'étire jusqu'aux produits dérivés du groupe : posters, draps de lits, bouteilles de Vodka-pomme, éthylotests, crème dépilatoire, tampons applicateurs… Et tout ça, testé et approuvé par le groupe, fait un carton auprès des 12-16 ans.
Malgré tout, les  One Way Direction se séparent en 2013 pour plusieurs raisons :
Dave découvre la guitare, apprend trois accords et accompagne Renan Suze sur ses tournées (concerts & bars). Perdi entre en religion croyant être la réincarnation de Jesus-Christ. 
Clément perd son Iphone avec les numéros du groupe ainsi que ses contacts Facebook, Twitter, e-mails… Il y avait aussi téléchargé une appli GPS et se retrouve bloqué un jour à St-Sylvestre-Pragoulin dans le Puy-de-Dôme dont il mettra 4 mois à en sortir. 
Quant à Vincent Francky, il se sépare de Guy-Yom avec qui il était secrètement en couple.
La relève est donc à assurer. Mais qu'ils prennent leur temps.

Cette pochette est un mix de One-Way Mirror et de l'album "Up All Night" de One Direction.
Merci à Anthony pour sa trouvaille sur Justin Biberon.


jeudi 1 mai 2014

Blague Metal


Bénabarbar
Ingérable
Sacrifices & Poésie - 2008 

1997 en Corrèze, au festival métal Décibels des champs, le public découvre Bénabarbar qui partage la scène avec Satan Büchinkoin, Athor & Atravèr, Martopikor et Cannibal Muzette.
De son vrai nom Barnabé Gentil, le jeune chanteur gagne le coeur, les tripes, les boyaux et les viscères d'une audience plus habituée à des histoires de mort, de destruction et de bière.
Car Bénabarbar aborde des thèmes très parlant pour une génération de trentenaires métalleux : les joies de la colocation (Y'a une goth qu'habite chez moi), les longs repas de famille (Le dîner morbide) ou la frustration sexuelle (Monosexe).
Il devient alors le chef de file d'un nouveau genre, le "trop vrai métal", "parce que ce qu'il raconte, c'est vraiment trop vrai" selon Marie-Anne-Sophie, 12 ans, fan de "black-death-propre" vivant à Neuilly. 
"Le ménestrel d'outre-tombe" donne alors un nouveau souffle à la chanson métal française à l'instar de Vincent Delermort, Sang Sévérino ou encore Olivia Ruine.
En 2008, pour accompagner la sortie de Ingérable, il touche un plus large public en participant à la tournée des Empafés. "Si j'en suis, c'est surtout pour récolter de l'argent en faveur des sans abris, des sans papiers, sans culottes ou je sais plus trop. Et en plus ça tombe bien, je viens de sortir un nouvel album". 
Il interprète "L'effet destructeur du papillon des enfers" avec Mimi Martyr, "À la campagne de la mort ténèbreuse sans vie" avec Patrick Cruel ainsi que le générique de l'émission de jeunesse "Les enfants de Salem Alékum" en trio avec Francis Cabal & Gérard Démon.
2010 marque l'apogée de sa carrière où il joue au L-Fest, le festival itinérant organisé par les magasins Leclerc dans lesquels on lui propose de jouer en tête d'affiche. 
Il déclinera cette offre, disant préférer se produire à domicile, chanter dans les caves, les sous-sols, les cabanes de jardin, habité par son image sombre et dérangeante.
Car Bénabarbar, fidèle à une attitude Black-metal contre le star système dira : "Je n'aime pas me produire dans de grosses salles, je n'aime pas quand il y a trop de monde et je n'aime pas que ma musique soit dans les charts. De tout façon, j'aime pas ma musique".
Si ça c'est pas être intègre...

Merci à Caroline G. pour le "Salem Alékum".
Cette pochette est un détournement de "Infréquentable" de Bénabar.
 

lundi 3 février 2014

Les nouilles cuisent


Barillaz
Pasta Days
Universaldente - 2005

Après la séparation de Blurk° en 2001, Danone Allbran pense à un nouveau projet.  Constamment à la recherche d'idées originales, déjantées, voire idéales en sujet d'étude pour toute une armada de psychologues, la chanteuse décide de créer un groupe qui révolutionnera le paysage musical "vu les dégueulis de mouches qu'ils nous collent dans les oreilles" dira la chanteuse.
Les charts étaient squattés par Garouille de la comédie musicale "Not' dame eud' Paname", les R5 de Proutstars et le single "La musique" de la Rats Academy, qui paradoxalement ni connaissaient rien en musique. C'est sûr, niveau créativité à l'époque, ça ressemblait plutôt à un concert de Plastic Bertrand au Stade de France : il y avait des places à prendre.
C'est lors d'un séjour à Amsterdam qu'une idée vint à Allbran, qui dégustait une Pasta Box Psicotropo aux champignons.
Elle proposa à son ami producteur Dan The Automato Ketchup de créer un groupe constitué uniquement de membres fictifs et animés en formes de nouilles ! Bien sûr, le projet l'épate. 
Les personnages ont alors des noms à consonances italiennes: Laure Envoulzi, Flore Enpagni, Pat Ricfiori & Vané Saparadi.
Le premier album Barillaz sort en 2001 et connait un succès notamment grâce au single "Clint is nouille".
Le second, Pasta Days, sort 4 ans plus tard et pour Danone l'accueil "est chaud comme un gratin de tagliatelles à l'emmental, lardons, courgettes, curry et crème fraiche. Thermostat 7 bien évidemment".
De plus en plus obsédée par son projet, elle exigera à ce que les concerts soient interactifs. 
Le groupe joue donc déguisé en variété de pâtes (tépouri, salopri, pipioli et piticuni) et des plats sont servis au public pendant les shows.
Les fans, depuis, sont de plus en plus nombreux (et plus gros, forcément). 
Mais pour Danone, jamais à court de bons mots, "c'est l'effet 'culant'", ce qui ne veut rien dire mais de sa part ce n'est pas étonnant.

° : voir "4 filles dans le vent", chroniqué en juillet 2012.

Cette pochette est un détournement de l'album "Demon Days" de Gorillaz.


dimanche 29 décembre 2013

Mimi cracra


Lorible
2POR EN MOI ?
Les Disques Craspouille - 2007

De son vrai nom Laure Empest, la chanteuse Lorible est une des premières artistes à connaître le succès grâce à internet. Sa première apparition est une vidéo vue plus 30 000 fois sur le site de vidéos humoristiques Pisédsu. Filmée par son cousin en train de jouer dans une litière fraîchement remplie par le chat de la maison, la petite semblait déjà prendre un malin plaisir à manipuler les déjections (le félin lui-même paraissait dégoûté). Elle hérite alors du surnom de "Lorible".
Cet intérêt pour la fange se mélange alors avec une autre passion, la musique. Du moins, ce qu'elle considérait comme de la musique. Sa spécialité était de faire des bruits de pets en rythme avec ses dessous de bras et Lorible se débrouillait plutôt pas mal. Elle récitait aussi l'alphabet en rotant en même temps, ce qui lui valait d'être déjà une star pour ses camarades de classe.
En 2001, à 19 ans, elle lance sur internet son titre "Pet de moi", refusé par toutes les maisons de disque. Pourtant, le morceau sera téléchargé plus de 15 000 fois en deux semaines ! Le succès est au rendez-vous aussi pour les singles suivant "Schlingos attitude" et "Je préfère rester toute sale"
Elle enchaîne les tournées avec succès, à la sueur de son front et surtout des aisselles. L'odeur étant insupportable pour son entourage, elle a sa propre loge. Enfin, "propre", elle a sa loge. 
Même entre la scène et le public, une distance de 15 mètres est mise en place pour éviter que les fans ne tournent de l'oeil à cause des effluves, ou si l'envie prend à la chanteuse de leur balancer une serviette (de bain dans le meilleur des cas, hygiénique si elle est en pleine euphorie).
Son cinquième album, 2POR EN MOI ? sort en 2007 et les titres "La crasse c'est classe" et "Peur du savon" (en duo avec Katy Poury) sont diffusés dans les tout les clubs (sauf aux Bains Douches, forcément). 
Avec ces chansons pop-disco et une image plus glamour, Lorible se montre sous un nouveau jour.
Parce qu'en cherchant bien, sous les couches de miasmes, les boutons blancs et autres pellicules de crasse qui occupent son visage et assumant une certaine idée de la liberté d'expression hygiénique, il y a une femme. Qui ressemble à Bigfoot, oui, mais une femme quand même.

Cette pochette est un détournement de l'album "2LOR EN MOI ?" de Lorie.

lundi 30 septembre 2013

It's a small small world


Public Et Demi
Fear Of A Small Planet
Jef Dam Recordings - 1990

Piti Chuck D & Flavie Flavent se rencontrent tout-petits sur les bancs de l'école en 1965 à New-York. Par "petits", il faut comprendre jeunes et de taille minuscule. Leurs 1m03 et 1m12 respectifs les mets vite à l'écart de leurs camarades, surtout en sport quand il fallait choisir un joueur pour les matchs de basket ou pour l'athlétisme (le saut en hauteur surtout).
Mais d'une certaine manière, ce rejet leur a permis de faire grandir en eux le goût pour le texte, le verbe et les insultes fleuries. 
Ils deviennent fidèles de la bibliothèque de leur école, car ils y prenaient toujours les plus gros livres. Au départ pour se réhausser afin de voir le tableau en classe, ensuite pour les lire.
Ils se découvrent aussi un intérêt pour le hip-hop, influencés par les pionniers du genre que sont Sugar Mini Gang et Smallmaster Flash. Accompagnés par leur ami DJ Terminiator X, ils montent des spectacles, écument les kermesses et se font remarquer lors d'une prestation mémorable de Black Neige & les 7 nains du Bronx.
Assumant totalement leur condition, ils se produisent en 1982 sous le nom de Public Et Demi. Pour leur débuts dans la musique, ils entrent en studio par la petite porte et c'est leur 3ème album Fear Of A Small Planet accompagné du single "Bring the chairs" qui sera leur plus gros succès. 
Coup de gueule contre une société qui n'aide en rien les citoyens dans leur cas, ils créés l'A.G.P.T. (Association des Gens de Petite Taille).  
C'est sur scène qu'ils sont les plus efficaces (et les plus visibles). Piti Chuck D électrise les foules avec son débit et Flavie Flavent brandit bien haut son chronomètre, pour montrer à ses (demis) frères que le temps passe vite et qu'il faut se rebeller contre le système.
Depuis, ils sont surnommés Les rois du hop-hop (pour hip-hop et leur façon de sautiller partout).

Cette pochette est un détournement de Public Enemy. 
Le titre est un détournement de leur album "Fear Of A Black Planet".





jeudi 5 septembre 2013

Nuit d'ivresse


Les Riton Mitsouko
The Gros Apéro
Beaufland Company - 1986

En 1980, Fred Chichon et Catherine Ringère se rencontrent lors d'une foire à langue de veau  au camping de "La Pie Qui Mue" à Rouflaquettes-sur-mer. Fred est guitariste dans un  groupe de rock-musette festif, T'as Pas Sandale ?. Catherine, elle, tient le stand des merguez et est chanteuse lors de l'élection de Miss Camping (elle est le sosie officiel de Sapine Baturel). 
C'est en chantant avec le groupe de Fred qu'elle tombe sous le charme de ce bel homme qui sent bon l'after-shave.
Très vite, ils forment Les Riton Mitsouko. Ce nom est un hommage à un ami d'enfance de Fred,  Riton Paluchard dit "La paluche" qui lui a tout appris sur la guitare (en jouer, en fabriquer et surtout en voler). Mitsouko est une idée de Catherine qui "ignore c'que ça veut dire mais ça fait rigolo".
En 1984, ils se font remarquer avec le single "Martial Boulard", en hommage à l'accordéoniste Sarthois mort d'une crise cardiaque pendant une partie de boule de fort à 72 ans. Leur look particulier ne passe pas non plus inaperçu, tendance très années 70 mais plutôt chaussettes-sandalettes, bigoudis et mis-bas.
C'est avec leur deuxième album que les choses s'accélèrent. "The Gros Apéro" sort en 1986 et trois singles gagnent le coeur du public. Avec "Les Histoires D'Alphonse", "André (dis moi ouais)" et "C'est comme ça mon p'tit gars", les Riton Mitsouko donnent un souffle nouveau, parlent d'un autre visage de l'hexagone, trop envahi par des chanteurs propres sur eux, tels que Michel Sourda ou Jean-Jean Golmane.
La tournée qui suit dans les campings est un succès. Les dates à retenir sont "Les Gones Aux Coques" à Lutérusse, "Le Pastice" à Touteure et "Île Ékon" à Boufé-Dufoin. Le public est comblé et ravi de voir ces deux "vrais gens" partager leurs frites-mayo-sable et leurs terrains de boules.
Le couple que l'on appellera les "Gainsbarre-Birquine en short" sortira ensuite 5 albums, tous disques de ferraille.

Cette pochette est un détournement de l'album "The No Comprendo" des Rita Mitsouko.